Avec leurs lunettes en bois, ils voient loin

Wave of Wood : l’écologie à la française
24/10/2017

Opticiens de formation, Antoine Gouviac et Sébastien Bourdon se sont lancés dans la fabrication de montures en bois, à Arthon. Ils visent le grand salon mondial de l'optique, en 2017, à Paris.

L'entreprise

Tout est parti d'un défi. Un défi qu'ils se sont lancé durant des vacances en Corse, à l'été 2012. « On visitait une coutellerie, où étaient proposés des articles en bois. On s'est dit pourquoi pas aussi les lunettes », se souviennent Antoine Gouviac et Sébastien Bourdon, des amis de dix ans. Ces deux jeunes trentenaires, opticiens de formation, cherchaient depuis quelque temps une idée pour innover. Ils venaient de trouver leur matière. Ne leur restait plus qu'à développer leur art.

Une gageure de près de deux ans. « Il fallait que nos montures s'adaptent parfaitement sur le nez, sans faire mal. Qu'elles soient agréables et jolies », décrit Sébastien Bourdon, Normand d'origine. Pour fabriquer leurs premières paires, les deux créateurs achètent un fraiseur 3D avec l'aide de dons récoltés en ligne.

Des centaines de modèles

En avril 2015, ils créent officiellement leur société et leur marque : Wave of wood. Comprenez là « vague de bois », en clin d'oeil à la passion pour le surf de Sébastien Bourdon. Ils injectent près de 20 000 € et achètent deux nouvelles machines.

Puis, en mai 2016, les deux entrepreneurs installent leur atelier dans la zone artisanale du Butai, à Arthon-en-Retz. Juste au-dessus du magasin d'optique tenu par Sébastien Bourdon. De leur usine de poche sont déjà sorties des centaines de modèles différents, solaires et de vue. Près de 300 ont été vendus partout en France, chez une dizaine d'opticiens qu'ils ont réussi à convaincre.
« L'idée, c'est de créer des montures en respectant une éthique environnementale. Avec des essences d'arbres qui n'impliquent pas de déforestation », développe Antoine Gouviac, né à Paris. Parmi les bois utilisés, on retrouve le chêne et le hêtre, mais aussi des plus exotiques, comme l'ébène. « Chaque arbre correspond à une couleur, nous n'utilisons pas de teinture », ajoute Antoine Gouviac.

Toutes leurs feuilles de bois proviennent d'un fournisseur vendéen. Les verres, eux, arrivent d'une fabrique reconnue, dans l'Aisne. Dans le souhait de proposer des lunettes de conception française.

Le produit fini est vendu à des prix « un peu au-dessus de la moyenne ». Malgré cela et la concurrence de distributeurs qui misent notamment sur le bambou asiatique, les demandes de réassort commencent à se multiplier. « Ça valide notre travail », apprécient les deux amis, persuadés d'avoir leur « place » sur le marché.

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Joey Starr porte des Wave of Wood

Joey Starr comme ambassadeur

D'autant qu'ils peuvent aussi compter sur un coup de pouce inattendu : le rappeur et acteur, Joey Starr, amateur de verres teintés, a flashé sur leurs lunettes grâce aux réseaux sociaux. Il est devenu une sorte d'ambassadeur pour leur marque auprès de ses milliers de suiveurs, sans que ça ne leur coûte rien.

Fort de ces arguments, le duo veut désormais franchir une nouvelle étape qui passe par Paris. C'est là que se tiendra, en septembre 2017, le Silmo, le salon mondial de l'optique. Les deux créateurs ont lancé une nouvelle campagne de financement participatif (1) pour s'y payer un stand. Près de 12 000 € sont nécessaires.

« Mais ce serait une belle vitrine pour nous, justifient-ils. Afin de nous permettre d'exploser les ventes pour en vivre et recruter. »

Et ça, ce n'est pas un projet en bois.